Il y a des studios qui affichent fièrement leurs cent cinquante développeurs et leurs budgets à neuf chiffres. Et puis il y a Hordeguard, porté par deux personnes seulement, qui prouve qu’on n’a pas besoin d’une armée pour parler d’une armée. Ironie du sort assumée.

Le concept tient en une phrase, mais une phrase dense : un tower defense qui emprunte largement au RTS, avec Warcraft III et StarCraft II comme références assumées et visibles. On y joue en solo ou en coop à deux, jamais en ligne puisque le online n’existe tout simplement pas ici, le studio ayant préféré concentrer ses forces ailleurs. Deux héros se disputent le contrôle du joueur : un guerrier, taillé pour l’affrontement direct, et une chasseuse, plus habile pour couvrir le terrain. On part avec eux à la recherche de ressources, on explore, on récolte, on tue, et on grimpe en niveau, débloquant au passage des habilités qui viennent enrichir sa panoplie de combat.
Vient ensuite l’étape de construction. Les emplacements de bâtiments sont prédéfinis dans la base, ce qui transforme chaque partie en un exercice de gestion de l’espace autant que de puissance de feu. Plusieurs types de structures permettent de recruter une petite armée chargée d’un seul objectif : défendre le cœur de la base contre les vagues d’ennemis qui, immanquablement, finissent par se présenter. Et il ne s’agit pas que de simples sbires : chaque biome se conclut par un affrontement de boss, cinq biomes au total, chacun découpé en trois niveaux avant l’épreuve finale. Des side quests viennent ponctuer l’aventure, offrant des respirations bienvenues entre deux vagues, et les bâtiments eux-mêmes peuvent être upgradés pour suivre la montée en puissance des ennemis. Quatre niveaux de difficulté sont disponibles à l’heure actuelle, de quoi satisfaire aussi bien les curieux que les acharnés du die and retry.
Bref, Hordeguard ne réinvente pas la formule du tower defense, mais il la croise intelligemment avec les mécaniques du RTS, et c’est précisément cette hybridation, portée par une équipe minuscule mais visiblement passionnée, qui donne envie de suivre le projet de près.