Mount & Blade ou Crusader Kings sont bel et bien deux noms qu’on peut brandir un peu trop facilement lorsqu’on découvre Chronicles: Medieval. Mais ce dernier assume pleinement cet héritage double, la gestion d’armée, le combat au sol de l’un et l’ambition dynastique de l’autre, sans jamais chercher à se cacher derrière un vocabulaire marketing plus vendeur. Un aveu de filiation qui, disons-le, fait plutôt du bien dans un salon où tout le monde jure n’avoir copié personne.
Premier jeu d’un studio danois d’une centaine d’âmes, Raw Power Games, Chronicles: Medieval nous plonge dans une Europe du XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans, des îles britanniques jusqu’au Saint-Empire romain germanique. On y commence les mains vides, comme il se doit. On y recrute d’abord quelques bandits sans le sou puis, patiemment, on y bâtit l’armée qui portera notre nom d’un bout à l’autre du continent.

La démonstration proposée sur le salon tenait en un seul morceau : une bataille rangée, jouée de bout en bout, sans coupure. Avant que le premier coup ne parte, encore faut-il composer avec ses types de troupes, archers, lanciers, cavaliers, fantassins, chacun réclamant sa place précise sur le terrain. On positionne, on planifie ses manœuvres, et on lance l’assaut. Du pur Mount & Blade dans l’esprit, jusque-là. Le point central de la bataille n’est pas tant l’affrontement lui-même mais la planification. Le développeur au clavier nous a ainsi montré une stratégie qui, selon ses dires, n’a pas forcément systématiquement fonctionné, montrant par-là que l’ennemi s’adapte et peut aussi réaliser un mouvement de troupe inattendu. Pour le coup, il a planifié ses cavaliers en leur indiquant de contourner une colline afin de tomber sur le flanc de l’armée adverse une fois l’action lancée. Une fois la bataille engagée, on peut voir ses troupes réaliser tout ce qu’on a planifié. Le problème majeur d’une mauvaise planification ou d’un contre adverse est qu’on ne va pas pouvoir changer les ordres une fois donné à moins de se trouver avec son personnage proche de ses soldats. Pour la cavalerie envoyée sur le flanc au loin, impossible de leur de dire de revenir sans se déplacer physiquement proche d’eux. Un aspect fort intéressant qui nous pousse à bien penser la bataille en amont et à espérer que nos soldats se comportent correctement sur le champ.
Un mot, maintenant, sur une promesse entendue de la bouche même de notre interlocuteur pendant la présentation : celle d’affrontements pouvant réunir jusqu’à 1000 soldats contre 1000. Sur le papier, de quoi faire rêver n’importe quel amateur de grandes batailles. Dans les faits, tel n’est simplement pas ce que la démonstration nous a donné à voir, loin s’en faut. D’autres retours de presse parlent, eux, de sessions allant de 500 contre 500 à environ 900 combattants. Le fameux millier annoncé relève donc, pour l’instant, davantage du discours de vente que d’une réalité déjà prouvée manette en main. On aimerait y croire. On se contentera, pour l’heure, de le noter au conditionnel.
Reste que Chronicles: Medieval a de quoi séduire, sur le papier comme dans les grandes lignes de sa démonstration : un sandbox historique dense et une armée qui grandit avec son commandant. La vraie question, elle, ne se posera qu’à la sortie, prévue en accès anticipé début 2027 : le moteur du studio danois tiendra-t-il la promesse des grands nombres, ou faudra-t-il revoir les ambitions à la baisse, une fois les chiffres du marketing confrontés à ceux, plus têtus, du hardware ? Et réussira-t-il à se faire un nom entre au côté de Mount & Blade ? Réponses l’an prochain